Les gestes des chefs d’orchestre
Regardons et écoutons le début du troisième mouvement de la Première Symphonie de Gustav Mahler, interprété par Christoph Eschenbach et par Misha Katz. Les gestes du chef d’orchestre peuvent-ils vraiment nous aider à comprendre la musique ?
Christoph Eschenbach
Misha Katz
En observant Christoph Eschenbach (et en écoutant la musique de son orchestre), on perçoit la tension qui monte peu à peu. Le tempo retenu, l’entrée progressive des différents groupes de l’orchestre répétant le même motif, les gestes mesurés du chef maintiennent une atmosphère de suspense qui s’intensifie graduellement. Eschenbach suit attentivement chaque soliste qui entre tour à tour et les guide avec précision. Il dirige, mais il soutient aussi les musiciens : sa présence est à la fois structurante et protectrice.
Dans le cas de Misha Katz, le tempo est beaucoup plus rapide : il n’y a plus cette lenteur expressive ni cette tension progressive. La musique paraît plus plate (même en tenant compte du fait qu’il s’agit ici d’un enregistrement amateur). Le chef semble prendre plaisir à l’action elle-même : il s’amuse, gesticule, presque comme dans une pantomime. Les musiciens l’intéressent-ils vraiment ? On a plutôt l’impression qu’il évolue sur sa propre planète, que les détails de la musique lui importent peu, et qu’il cherche surtout à captiver par son personnage et par sa danse. C’est à la fois comique… et un peu triste.